Comme le relate John Coplans, dans la monographie Ellsworth Kelly (publiée par Abrams à New York en 1971), Kelly raconte ainsi la genèse de cette peinture: “En octobre 1949, au Musée d’Art Moderne de Paris, je remarquais que les grandes fenêtres entre les peintures m’intéressaient plus que les œuvres exposées. Je fis un dessin d’une fenêtre, et plus tard, à l’atelier, je construisis ce que je considère comme mon premier objet, Window, Museum of Modern Art, Paris. À partir de là, la peinture telle que je l’avais connue était finie pour moi. Les nouveaux travaux allaient être des objets/peintures, non signés, anonymes. Partout où je regardais, tout ce que je voyais devenait quelque chose à construire, et à construire exactement comme c’était, sans rien y ajouter. C’était une nouvelle liberté: j’en avais fini avec le besoin de composer. Le sujet était là, déjà fait, et je pouvais me servir de tout, tout m’appartenait: la verrière d’une usine avec ses vitres brisées et réparées, les lignes d’une carte routière, la forme d’un foulard sur une tête de femme, un fragment du Pavillon Suisse de Le Corbusier, un coin d’une peinture de Braque, un morceau de papier dans la rue. Tout était pareil, tout était bon. À cette époque, j’écrivais: “Tout est beau sauf ce que l’homme essaie intentionnellement de rendre beau. Le travail d’un simple poseur de briques est plus valide que les œuvres de la plupart des artistes.”